Il y a à MASALA de très belles boîtes à bétel en laque anciennes, ainsi que de la vaisselle, des plats, gobelets et plateaux laqués anciens de Birmanie.


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La technique du travail de la laque a vraisemblablement été introduite de Chine en Birmanie vers 1050.
La laque était principalement utilitaire, servant à étanchéifier, consolider et préserver la vannerie tressée ou le bois.
Les XVIII° et XIX° siècles voient l’apogée de cette technique, devenue très décorative et perçue par les Birmans comme un art majeur.
La réalisation de laques de qualité nécessitait jusqu’à 8 mois de travail, et réclamait un savoir faire exceptionnel, une patience infinie et beaucoup de sens artistique.

A l’origine, les récipients en laque étaient confectionnés avec des fibres de bambous tissées et renforcées par du crin de cheval, ce qui leur donnait une grande souplesse.
Comment est crée la laque, ou plus exactement le laque ?
La matière première, le laque, est la sève d’un arbre, le « thitsi », qui pousse dans les forêts de l’Est de la Birmanie. La sève est recueillie en incisant l’écorce de l’arbre. Au contact de l’air, le matériau durcit et noircit.

La fabrication de la laque nécessitait de nombreuses étapes :

-    fabrication de la structure en bambou, bois ou crin de cheval tressé, que l’ on recouvre d’une couche de laque mêlée à de l’argile, afin de boucher les trous et de lisser la surface.
-    Séchage à l’abri de la poussière pendant 3 à 10 jours.
-    Polissage et application d’une 2ème couche de laque, plus fine car mélangée à de la cendre de teck. Puis de nouveau séchage et polissage.
-    3ème application de laque, cette fois mélangée à de la cendre d’os de buffle, séchage et polissage.
-    Enfin application d’une couche de laque pure et de grande qualité, pour donner à l’objet sa couleur noire et brillante, son lissage parfait.

L’addition de toutes ces étapes nécessitait au moins 4 mois.

La couleur naturelle de la laque est le noir.
Les autres couleurs sont obtenues par ajout de pigments : le rouge est obtenu par le cinabre (sulfure de mercure), le jaune à partir d’orpiment (arsenic trisulphide), le bleu par l’indigo, et le vert en mélangeant des pigments jaune et bleu.

La Birmanie est réputée de longue date pour ses laques incisées Yun.
La surface de l’objet était ciselée avec un stylet en fer, et les incisions très fines remplies de colorants.
L’objet séchait pendant 4 jours, puis l’excès de couleur était enlevé par polissage à la balle de riz. La couleur était fixée avec une couche de résine.
Après séchage, le même processus était répété pour chaque couleur différente.
La plupart des motifs traditionnels étaient inspirés des décorations murales des temples et des pagodes de Pagan en Birmanie.
La réalisation d’un objet en laque Yun de qualité, durait de 6 à 8 mois, nécessitait une maîtrise technique exceptionnelle, et une grande sensibilité artistique.


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L’usage des objets en laque était cérémoniel et quotidien.
Des boîtes en laque servaient pour la conservation des manuscrits sacrés, pour les offrandes aux moines, et les bijoux royaux.
D’autres servaient pour la nourriture, pour le bétel (mélange de noix d’arec, feuilles de bétel et de chaux, que l’on mastique toujours aujourd'hui), les épices ou le nécessaire de toilette. Ces usages sont toujours en vigueur de nos jours.